Pour sûr, Leiji MATSUMOTO a marqué d'une empreinte indélébile l'univers du manga japonais. Car, si ses débuts l'ont plutôt amené à s'approprier un style bien plus semblable à celui d'Ozamu TEZUKA (Roi Léo / Astroboy) qu'à son style actuel, il a pourtant bien vite adopté ce petit style personnel qui lui a fait une renommée mondiale.

Il est d'ailleurs très facile de retrouver l'empreinte de Leiji dans un manga ou un anime. Lorsque ce n'est pas un détail secondaire comme, par exemple, la présence de Mî le petit chat à rayures, on retrouve aisément le romantisme et le mystère qui règnent dans ses histoires. C'est bien là ce qui a fait le succès de Leiji MATSUMOTO, l'utilisation de thèmes romantiques avec des anti-héros révélés dans leur destinée par de magnifiques jeunes femmes blondes. Le tout, bien sûr, au milieu d'une atmosphère oppressante et guerrière baignée de nombreux vaisseaux aux traits précis et réalistes que seul Leiji MATSUMOTO aurait pu créer : la propre marque de fabrique de l'auteur. L'histoire du Japon d'après guerre et son environnement proche ayant contribué à faire de Leiji ce qu'il est et a dessiné.

Mais au delà de tout ça, il reste aussi beaucoup d'autres détails, certes moins apparents, mais qui n'en sont pas moins tout aussi représentatif de l'empreinte de Leiji MATSUMOTO : le déchainement des éléments extérieurs sur une pauvre Planète Terre en décadence, l'occupation par des peuples plus évolués technologiquement, la confrontation de cultures différentes au travers de voyages temporels qui se notent bien plus dans les mangas que dans les animes.

Tous ces détails qui, mis bout à bout, confèrent à l'oeuvre du grand maître du manga japonais une base solide qui lui garantit un succès quasi immédiat auprès de ses fans tant au point de vue des mangas que des animes. Voilà donc réunis tous les ingrédients nécessaire à la recette du succès.

SON EMPREINTE : DES GRAPHISMES SIMPLES ET DES STÉRÉOTYPES...

Une fois le style à la TEZUKA abandonné, qui n'a jamais noté la simplicité déroutante des graphismes liés à la représentation des personnages de Leiji MATSUMOTO ? Qu'ils soient vrais héros ou tout simplement personnages secondaires, bien souvent ces derniers souffrent d'un manque d'élaboration. Est-ce la cause ou la conséquence des stéréotypes que l'on voit apparaître dans les histoires de Leiji MATSUMOTO ?

Une chose est sûre : parmi les personnages masculins, on retrouve quatre grands types de personnage. Le type pré-Harlock (image de droite) à mi-chemin entre un Harlock et un Tochirô, le type Harlock, généralement balafré, le type Tochirô, souvent décliné avec un caleçon rayé blanc et bleu et le type Tetsurô, jeune enfant ou adolescent.

ET DE BELLES JEUNES FEMMES LONGILIGNES...

Mais quant bien même les personnages de Leiji sont très peu élaborés sur le plan graphique, il n'en est pas de même, au plaisir de tous, des membres féminins de ses histoires aussi bien en manga qu'en animés. Trait caractéritique de Leiji MATSUMOTO, le personnage féminin est généralement d'une beauté et d'un charme sans égal dans ses traits précis mais sans l'être trop cependant pour préserver le mystère. Simple guide ou révélatrice, le personnage féminin, blonde, belle et jeune, est généralement l'un des personnages centraux de l'histoire car ce sont sur ses frêles épaules que repose l'intrigue, le savoir et la découverte de la destinée de l'anti-héros souvent en proie aux doutes, à la colère (société oisive ou sous domination) et à la tristesse (perte récente de sa famille). Les noms les plus connues de ces femmes sont EMERALDAS, Yayoi YUKINO et bien sûr la légendaire MAETEL.

AU MILIEU D'OBJETS ÉLABORÉS...

Si les personnages de Leiji MATSUMOTO sont très peu élaborés sur le plan du détail et de l'esthétique, il n'en est pas de même pour les objets inanimés. Ce contraste est flagrant, mais c'est bien là l'art de Leiji MATSUMOTO qui sait plonger ses personnages dans des décors réalistes aussi bien dans ses animes ou mangas de SF que dans ses récits de guerre.

Que ce soient des véhicules, des vaisseaux, des armes ou même des habitations, tous ces détails dépassent l'entendement tant ils sont poussés à l'extrême. Ce qui se voit notamment dans la fidélité des reproduction des différents avions dans la série de mangas THE COCKPIT. Merci au père de Leiji MATSUMOTO d'avoir été officier dans l'armée de l'air impériale.

DANS UNE HISTOIRE TRAGIQUE ET ROMANTIQUE...

Tragiques ? Romantiques ? Toutes les histoires de Leiji MATSUMOTO dégagent une même pointe de tristesse et d'espoir. Quelle que soit cette histoire, tout commence par un désastre survenu à la bonne vieille Terre. Que ce soit l'occupation par une force armée extraterrestre ou que ce soit le ravage du à une comête ou une pollution radioactive, tout commence toujours de manière tragique. Mais un homme, parfois un enfant, épris de Liberté va se lever et abattre tous les obstacles pour ramener la paix sur Terre avec l'aide précieuse d'une jeune femme blonde qui va lui révéler sa destinée.

QUI SE JOUE SOUVENT DE L'ESPACE ET DU TEMPS...

Bien que l'on ne s'en doute pas aux travers des séries animées, Leiji MATSUMOTO affectionne tout particulièrement le thème du voyage temporel comme justificatif de la destinée que doivent subir ses personnages principaux. Si cela ne se voit nullement dans les séries animées, ceci est pourtant une marque de fabrique de Leiji MATSUMOTO dans ses mangas.

Souvent, notamment dans ses histoires courtes, le héros principal réalise un voyage dans le temps, générallement vers une période préhistorique soit pour études soit dans le but de modifer le passé. Mais ce voyage peut parfois aussi justifier la destinée des héros comme dans HARLOCK SAGA ou bien encore le nouveau manga GREAT SPACE BATTLESHIP YAMATO où ce voyage à travers le temps justifie la présence du vaisseau YAMATO bien avant l'arrivée de l'homme sur TERRE.

ET QUI PARFOIS BASCULE DANS LE MONDE DES INSECTES !

Hormis la Science-Fiction, les westerns et ses histoires de jeunesse pour filles, Leiji MATSUMOTO a beaucoup dessiné de courtes histoires ayant pour thème les insectes. Histoires qui reprennent les grands marques de son empreinte basculé dans un univers d'insectes où les femmes, toujours aussi belles, sont pourvues de jolies ailes qui les rendent encore plus belles et cruelles.

Parmi les histoires les plus insolites concernant les insectes et dessinées par Leiji, on en trouve une portant le titre : "Maja die Biene" qui nous donne, une fois traduit de l'allemand "Maya l'abeille". Ça ne vous rappelle rien ?

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